Ce schéma apparaît lorsqu’un Dynamiseur de Contrôle Social (DCS) est démasqué par la majorité et perd sa position symbolique de pouvoir. Au lieu d’assumer sa responsabilité ou de se retirer, le DCS recourt à une stratégie de mutation : il change de discours, de rôle ou d’apparence émotionnelle afin de maintenir son influence.
Le nom « Mouvement de l’Anguille » fait référence à cette capacité à se faufiler entre les fissures du jugement social, en se reconfigurant avant d’être capturé.
Phase 1 : Désorientation publique — le DCS se montre surpris, feignant l’innocence ou l’incompréhension.
Phase 2 : Reconfiguration — il adopte un nouveau récit ou un rôle « réformé » (victime, médiateur, conseiller, etc.).
Phase 3 : Réabsorption — il reconstruit son réseau d’influence sous de nouvelles étiquettes, en utilisant la confusion collective à son avantage.
Phase 4 : Consolidation — il rétablit son contrôle, mais de manière plus subtile et émotionnellement sophistiquée.
La posture :
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Dans cette phase, le DCS peut : adopter une posture de victime ou de « mal interprété » ; se présenter comme un « nouveau leader conciliant » ; employer le langage de l’autocritique sans modifier sa structure interne ; se déplacer vers des espaces où son image n’est pas compromise ; tirer parti de la confusion collective pour rétablir son autorité sous un autre angle.
Le schéma se nourrit de la peur sociale du conflit ouvert : la majorité préfère croire en une rédemption apparente plutôt que de supporter l’inconfort de la découverte.
Description du schéma PMA
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Description et fonctionnement : Le Schéma du Mouvement de l’Anguille (PMA) décrit la réponse adaptative du Dynamiseur de Contrôle Social (DCS) lorsque son autorité symbolique ou son réseau d’influence est mis en lumière par la communauté. Une fois découvert, le DCS subit une perte de magnétisme sur le groupe et, pour éviter la désintégration de sa position dominante, il effectue un mouvement de reconversion narrative.
Cette reconversion consiste à changer soudainement de rôle — par exemple, passer de leader inspirant à victime incomprise — afin de déplacer l’attention de sa manipulation vers le préjudice supposé qu’il subirait.
Le DCS conserve ainsi le contrôle psychologique de son environnement par trois mécanismes :
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Inversion du récit : il remplace la figure du bourreau par celle de la victime, présentant la remise en question de son comportement comme une persécution ou un malentendu.
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Réassignation de la culpabilité : il amène le groupe à ressentir de l’empathie ou de la culpabilité pour avoir douté de lui, utilisant les émotions collectives pour restaurer son statut moral.
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Régénération discursive : il adapte son langage, ses valeurs et ses gestes à la nouvelle conjoncture pour paraître plus humain, conciliant ou « évolué », donnant l’illusion d’une maturité ou d’une transformation qui n’est en réalité qu’une stratégie.
Le PMA agit comme un mécanisme de survie du pouvoir symbolique : le DCS ne se dissout pas, il se reconfigure. Son habileté réside dans sa capacité à se glisser entre les jugements, réajuster les perceptions et conserver le contrôle invisible sur le flux émotionnel du groupe.
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Résultats sociaux : L’effet immédiat du PMA est la confusion collective. Les membres de la communauté, incapables de distinguer entre une transformation authentique et une manœuvre psychologique, ont tendance à se diviser en deux camps : ceux qui perçoivent l’imposture et ceux qui compatissent avec le manipulateur.
Cette fragmentation du tissu social provoque :
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Dissonance morale : la frontière entre vérité et fausseté devient floue ; l’éthique et l’émotion se confondent.
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Réinstallation partielle du contrôle : bien qu’affaibli, le DCS retrouve de l’influence sur une partie du groupe, suffisante pour continuer à agir dans l’ombre.
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Érosion de la pensée critique : l’excès d’ambiguïté désactive la capacité collective d’analyse, favorisant le retour du schéma originel de domination.
En somme, le Mouvement de l’Anguille représente la mutation adaptative du pouvoir psychologique face à la transparence. Il ne combat pas frontalement : il glisse, se victimise et se déguise en évolution pour continuer à diriger le courant.
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Conclusion :
Le Mouvement de l’Anguille ne peut être arrêté que lorsque la communauté cesse de réagir à la forme et commence à observer le fond. Autrement dit, lorsqu’au lieu de croire au nouveau masque, elle reconnaît le mouvement lui-même comme un schéma.
L’antidote n’est pas la méfiance, mais la lucidité partagée : la capacité de voir la continuité du comportement sous les changements d’apparence.
Lorsqu’un groupe atteint ce niveau de perception, l’énergie de manipulation s’épuise faute d’aliment émotionnel.
Alors le pouvoir symbolique cesse de glisser : il se retrouve exposé à la lumière d’une conscience qui ne cherche plus des coupables, mais la cohérence.
Pour ceux qui ont plus de difficulté à suivre ces paramètres, nous avons créé un protocole de protection afin d’aider, par certaines techniques, à se prémunir contre les DCS.




